Bière Artisanale et Pop Culture
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L’éthologie mélomane de A à Zappa

Publié le lundi 9 février 2015 11:34

Avant d’être le Supercoin, supercoin était un blog, qui parlait de musique, entre autre…

***

« Et sinon, t’écoutes quoi comme musique ? »

Voilà bien une question qui campe en bonne place du top 5 des sujets de société, que ce soit dans les apéros dînatoires, booms et autres cocktails mondains. Après l’indétrônable « Tu fais quoi dans la vie ? » évidemment.

Cas 1. La musique vous indiffère un peu. Vous n’avez aucune opinion précise sur le sujet, votre culture musicale se limite à ce qu’écoutent vos amis et vous en êtes fort aise.

1.1. Votre interlocuteur est dans le même cas que vous, et aurait pu tout aussi bien vous demander si vous préférez boire du rhum arrangé ou vomir du gin kas. La conversation s’oriente alors rapidement vers une autre question existentielle : monoxyde de carbone dans l’air ou radioactivité dans l’eau ? Valls ou Sarko ? Pull jacquard ou laine polaire avec les moufles ? Etc.

1.2. Votre interlocuteur n’est pas dans votre cas, comme beaucoup d’humanoïdes d’origine occidentale de 15 à 40 ans. Pas très original, m’enfin…

1.2.1. C’est un bon petit gars et il change de sujet.

1.2.2. Il est un peu jeune ou un peu con, ou les deux, et tente de vous écraser comme une punaise sous le poids de sa misérable petite culture musicale inrockupérable.

1.2.3. Il a une subite envie d’aller au petit coin.

Cas 2. La musique fait partie de vos hobbies, tout autant que le foot, les films nippons sur l’époque edo et la cuisine du midi, mais quand même moins que la bière (faut pas déconner non plus).

2. 1. Votre interlocuteur est dans le cas n° 1. ce qui ramène à la situation 1.2. suscitée.

2.2. Votre interlocuteur est dans votre cas.

2.2.1. Vous avez -grosso modo- la même culture musicale mais pas la même amplitude de connaissance. Et là, c’est le drame. Celui qui en sait le moins cite tous les artistes un peu underground qu’il connaît, jusqu’à ce qu’il entende la phrase magique « Nan, je connais pas… C’est quoi ? ». Si celle-ci tarde trop, il se peut qu’il soit subitement pris d’une furieuse envie d’aller au petit coin, mais ça n’est pas sûr. C’est pathétique et chacun des deux compères regrette de n’avoir pas fermé son grand clapet une fois de plus.

2.2.2. Vous avez -grosso modo- la même amplitude de culture musicale mais pas les mêmes goûts. Et là…

2.2.2.1. Vous êtes tous deux un tant soit peu civilisés. Vous débattez cinq minutes et finissez par convenir que « Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. D’ailleurs je suis daltonien, ahah. ». Puis vous enchaînez rapidement sur la qualité du buffet, qui décidément est le meilleur atout de cette soirée, car votre hôte a vraiment des goûts de chiotte pour la musique.

2.2.2.2. Vous êtes tous deux polis, mais la polémique vous tente toujours lorsque l’on traite de ce sujet là. Vous débattez calmement en donnant votre opinion sur tel ou tel groupe, telle ou telle musique, telle ou telle salle où le son est mauvais et la programmation hasardeuse. Au nom de je ne sais quel instinct de politesse enfoncée de force par la fontanelle, vous admettez au cours de la conversation que un tel a du talent mais que vous n’aimez pas ce qu’il fait, alors que vous l’abhorrez.
Au final celui qui a le plus baissé son pantalon regrette vraiment de s’être laissé aller une fois de plus à la polémique, mais de toute façon il le savait. Il se sent pitoyable, mais décide qu’il n’est plus à ça près et s’incruste dans un débinage consensuel de Placebo avec le groupe de convives d’à côté.

2.2.2.3.Vous même, votre interlocuteur, ou les deux, êtes ce que l’on appelle un « gros con ». Après vous être écharpé une demi-heure à grands renforts de sarcasmes et de mauvaise foi, vous quittez la soirée sans même goûter à ce délicieux buffet que l’hôte, cet abruti qui écoute de la daube, a daigné préparer pour cette soirée minable, où vous n’étiez pas invité.

2.2.3. Vous avez -grosso modo- la même culture musicale, en qualité et en étendue. Vous entamez une conversation passionnante où vous passez en revue ce que l’un ou l’autre connaît, ne connaît pas, ce qu’il devrait écouter, découvrir et quel prochain concert n’est certainement pas à rater.

2.2.3.1. Vous n’avez aucune affinité par ailleurs avec votre interlocuteur. Vous explorez le sujet plus avant, jusqu’à ce que l’assiette de chips soit dégarnie et que votre verre vide vous pousse vers la cuisine où un copain éméché vous entraîne dans un énième tournoi de caps, à l’issue duquel vous êtes bien trop saoul pour palabrer sur votre sujet de prédilection.

2.2.3.2. Vous et votre interlocuteur êtes vraiment sur la même longueur d’onde. Le reste du monde disparaît peu à peu et vous vous trouvez agréablement perplexe devant ces multiples passions communes. Vous n’avez ni faim ni soif, vous vous déclarez vaincu par forfait au tournoi de caps. Le dialogue se poursuit jusqu’à ce que le ou la conjoint(e) de votre interlocuteur, qui n’entend rien à tout cela, ne décrète qu’il est temps d’aller se coucher. Toutefois, vous devez le rencontrer bientôt pour qu’il vous prête cette mirifique vidéo de vos idoles, et vous échangez vos numéros de téléphone. Plus tard, vous vous retrouvez à un premier concert, puis un autre, puis un autre. Vous devenez les meilleurs amis du monde et vous lui filez votre recette secrète de la piperade. Deux ans plus tard, il finit comme témoin ou comme marié à votre mariage, durant lequel les invités s’ennuient à mourir tant la musique est peu dansante.

Cas 3. La musique c’est votre vie. Rien à foutre du reste, rien à foutre des autres. Pas de télé, pas de xbox, un boulot tout juste bon à vous sustenter et payer votre forfait Internet, lequel ne sert qu’à télécharger des heures et des heures de musique, des trucs inédits tout juste sortis aux States qui feront sans doute une double page des Inrocks dans 5 ans, des vidéos pirates de votre dieu Frank Zappa, des images fétichistes des pochettes de John Zorn, et accessoirement quelques pornos. Les seuls échanges que vous avez avec autrui résident en deux-trois conversations à l’entre acte des concerts qui foisonnent à Paris. Car, oui, vous habitez Paris, sinon où ? Londres ? New York City ?
Vous êtes hors concours : le top 5 des sujets de société est le cadet de vos soucis car vous détestez toute forme de regroupement en société.

 

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